Violence dans la famille

La violence se trouve partout où il y a des êtres humains. Lorsqu'on la rencontre dans la famille, on l'appelle violence familiale. Si elle est plutôt unilatérale (parent sur enfant par exemple), on la nomme "maltraitance dans la famille".

Dans ta famille, tu peux te retrouver face à des gens qui peuvent te manquer de respect ou t'agresser. Il peut s'agir d'un oncle, d'une tante, de ton parrain ou ta marraine, l'un de tes grands-parents, mais aussi de ton frère ou ta soeur, ton père ou ta mère, ton beau-père ou ta belle-mère.

On constate que les enfants et les adolescents négligés, battus, rejetés ou abusés sexuellement le sont par des personnes proches et connues, et le plus souvent par quelqu'un de leur famille. C'est donc d'autant plus difficile pour eux de se rendre compte de la gravité de ce qu'ils vivent et de prendre la décision de parler pour se défendre et se protéger.

Les mauvais traitements

La maltraitance physique

C'est une forme de mauvais traitements qui atteint ton corps et qui souvent laisse des marques. Il s'agit de coups avec les mains, les pieds ou avec un objet (ceinture, bâton, corde). Il peut aussi s'agir de brûlures, de bousculades, d'étranglement, de membres tordus, de morsures. Il ne s'agit pas de la claque que tu peux recevoir une fois ou l'autre, mais de coups répétés, violents, qui te font souffrir physiquement et qui t'empêchent de bien te développer.

Que faire ? D'abord essayer de parler si c'est possible directement dans la famille. Refuser les coups, essayer de faire intervenir l'autre parent pour être protégé. Si ce n'est pas possible à l'intérieur de la famille, alors en parler à l'extérieur.

La maltraitance psychologique

Sont appelés mauvais traitements psychologiques ce que souvent les jeunes traduisent par "il me prend la tête", c'est-à-dire des pressions qui rendent triste, inquiet, malheureux. C'est une forme de mauvais traitements qui ne laisse pas de traces physiques, mais qui perturbe le développement des enfants ou des adolescents. Ils sont souvent difficiles à voir et à prouver: ils ne laissent pas de traces sur le corps comme les coups, mais ce sont aussi des souffrances.

On peut parfois avoir le sentiment d'être traité de façon injuste, mais lorsque dans une relation cela devient répétitif, c'est de la maltraitance psychologique. Il ne faut pas attendre que cela devienne invivable pour réagir.

Voici quelques exemples de mauvais traitements psychologiques :

  • les exigences trop grandes, qui ne correspondent pas aux possibilités de l'enfant ou de l'adolescent;
  • le fait d'être toujours mis en échec, le fait que tout ce que l'on fait n'est jamais jugé suffisant, jamais assez bien;
  • le fait de vivre des humiliations, de recevoir des insultes, d'être rabaissé ou rabaissée, de s'entendre dire qu'on est stupide, bon à rien ou nulle, qu'on est un fardeau. La violence verbale fait partie des mauvais traitements psychologiques;
  • le fait de ne pas se sentir aimé ou aimée;
  • le fait de vivre du rejet ou de l'abandon;
  • le fait d'être le bouc émissaire, sur qui retombent tous les torts;
  • le fait de devoir prendre parti pour son père ou sa mère lorsqu'ils sont en conflit (disputes, séparation, divorce).

Le premier remède contre ce type de maltraitance est toujours d'en parler.

Les carences et négligences                                                                           

Les carences ou les négligences, c'est le manque de soins nécessaires pour qu'un enfant,  un adolescent ou une adolescente grandisse normalement. Par exemple:

  • ne pas avoir à manger suffisamment une nourriture qui est bonne pour le développement de son corps;
  • ne pas avoir assez de temps pour dormir, comme par exemple être envoyé au lit trop tard;
  • ne pas avoir la possibilité d'être propre;
  • devoir porter des vêtements dans lesquels on ne se sent pas bien, parce qu'ils sont trop petits, pas assez ou trop chauds, ou qu'ils donnent l'air ridicule;
  • devoir porter une coupe de cheveux très particulière qui attire l'attention et les moqueries des camarades;
  • ne pas avoir la possibilité de rencontrer un professionnel et de recevoir des soins si nécessaire (médecin, dentiste, gynécologue);
  • ne pas pouvoir étudier comme on le souhaite.

Bien entendu, nous parlons de faits qui se répètent jour après jour et qui deviennent insupportables, pas de faits qui arrivent de temps en temps.

L'inceste

S’il y a une violence sexuelle dans la famille, il s’agit d’un inceste. L’inceste est puni par la loi.

Il peut aussi y avoir dans la famille une ambiance incestueuse où la pudeur de l’enfant n’est pas respectée ni son intimité. Ou encore que les parents s’exhibent avec insistance devant leurs enfants ou les laissent voir leur vie sexuelle.

Une agression sexuelle à l’intérieur de la famille est extrêmement grave pour l’enfant ou l’adolescent car il est menacé et agressé directement dans l’endroit où il devrait être le plus en sécurité. Il est doublement trahi par l’acte qui lui fait violence et par la personne qui est souvent aimée et respectée malgré tout. L’enfant se sent souvent, à tort, coupable de ce qui est arrivé. Il a peur s’il parle de faire du tort à l’agresseur ou au reste de la famille.

En général une agression devient un secret de famille que certains membres connaissent ou devinent mais dont personne ne parle et qui étouffe tout le monde tant que la vérité n’est pas révélée.

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